Nicolas Messyasz Aka Nicom

Fonction : photographe
Site(s) : http://www.nicographie.net
Nom ou pseudo : nicom (nicolas messyasz)
Signification et/ou origine du pseudo : contraction d'un prenom ordinaire et d'un nom de famille slave....
Date de naissance : 11 decembre 1973
Localisation : Paris
Signes particuliers : à vif, au coeur, écorché, militant, entier, passionné... et debout.
Matos utilisé : Nikon (numérique ou argentique), Zorki, Pentax et Photoshop.
Présentation personnelle : Le monde n'a de visage que celui qu'on lui donne... C'est ça qui m'est fascinant dans la photographie, on le modèle, le fabrique, où on le montre tel qu'il est... On le subit aussi... Et puis, l'exercice le plus dur certainement, c'est de traiter un sujet avec objectivité tout en gardant un caractère à l'image... Mais je ne me ferme pas à une expression journalistique, j'aime trop les engagements personnels pour être objectif sur tout. Je suis bohémien quand je photographie, je m'émerveille encore devant la banalité du métro ou des rues empruntées 600 fois depuis des années... Et j'entretiens ce regard, c'est sensible, c'est aussi tres fragile... C'est aussi une mise en avant, une mise en danger parfois... Et j'aime ça...

A la façon du portrait chinois … Si j'étais ... je serais …
Une question pertinente: Tu es sûr d'être toi-même?
Une chose insupportable : Son absence
Une œuvre : "Paris Journal" (Depardon)
Un personnage de fiction : Albator (désolé....)
Un mythe : Icare...
Un proverbe : C'est dormir toute la vie que de croire à ses rêves.
Une phobie : la foule
Un vice : une muse
Un objet inutile : des clefs non rendues
Une idée récurrente : photographie
Un cauchemar : muet
Un moyen de transport : une moto
Un bruit corporel: soupir
Un prix Nobel de la paix : Mandela
Un tyran : Castro
Un repas de famille : un air de famille
Une habitude: la douche
Un investissement : un appartement aux Abbesses
Une œuvre caritative : MSF
Un mensonge : un autre
Un souvenir : le plus beau qu'il te reste
Un site Internet : une page blanche, où tout reste à faire...

Les questions personnalisées :
1) Qu'est ce qui te touche le plus en général dans une image ?
Je suis attiré par le pouvoir étrange d'être à un endroit, en tant qu'acteur ou voyeur... ressentir ce qui se passe, c'est ça qui motive ma façon d'aborder l'image, et de sortir l'appareil... J'ai aussi, depuis 6 mois, une ou deux muses qui traversent ma vie... et je prends un réel plaisir à les inclure dans mes univers et mes cadres... elles inspirent par leur seul présence, leur seul souffle... C'est ça qui me touche, l'histoire que me raconte un instant avant même qu'il soit figé... et peu importe si il transparaît autre chose dans l'image d'après, c'est ce qui m'amène à déclencher qui importe dans un pemier temps, apres c'est ce que l'image racontera qui compte...
2) Tu peux nous parler de tes muses ?
Question piégeuse.. J'ai toujours été fasciné par le pouvoir sur mes photos qu'avaient les personnes qui partageaient ma vie de tous les jours... Et ça a été flagrant avec ... Emilie, pour ne pas la citer.... Sa présence, sa propre essence vital sur le moment, est quelque chose qui a provoqué sûrement mes plus beaux portraits ou photos "humaines" en général... Ca tire mes photos vers le haut, j'incorpore cet élément humain dans un cadre qui, sans "elles" seraient resté peut être plus léger, avec moins de significations. C'est la première fois que j'essaie de poser des mots là dessus, mais je pense que c'est flagrant et évident... Plusieurs personnes m'ont fait ce retour, y compris des gens qui ne me connaissent pas du tout hormis au travers de mes photos.
3) Ce que tu évoques, le fait qu'un modèle, qu'une personnalité soit si "forte" n'est pas un peu délicat, voire à double tranchant? Dans certains cas, le photographe pourrait alors se reposer que sur cette "magie" au détriment d'une recherche plus personnelle? Est ce que c'est quelque chose qui t'interpelle ou pas?
Tu mets le doigt sur le piège de ces relations... Mais j'essaye de ne pas m'enfermer sur ça, même si parfois j'y tombe (sombre?) quand même... Et encore, même dans ces cas là, je me suis surpris à faire de belles choses... Le seul vrai problème n'est pas de se renouveler ou pas (ça on peut le faire tout le temps), c'est de se couper du monde extérieur... C'est mon effort quand ces relations ou inspirations sont trop fortes, trouver l'évasion qui redonne un souffle... Parfois c'est aussi les commandes, ou les piges pour le magazine... Je n'ai pas le choix, donc, je rebondis sur autre chose, sans réfléchir...
4) Tu bosses pour quel genre de magazine ?

Un magazine musical, je fais donc beaucoup de portraits d'artistes, de concerts, et quelques reportages... C'est dans l'univers rock, de ceux qui ont des choses à dire ou à faire... C'est très enrichissant ce milieu, même les arrières scènes, ces ambiances je les aime, même si je ne prends pas des photos durant les deux heures d'un concerts, je suis aussi un élément du public... enfin, quand ça me plait ... C'est les rencontres et les discutions que favorisent de tels travaux... J'ai pris gout aux photos de portraits d'artistes aussi... Avant, mon truc c'était les concerts, le live, le chaud... mais j'aime beaucoup travailler sur la personnalité des gens "à froid", hors scene... sans trahir ce qu'ils sont , j'avais obtenu des choses tres intéressantes avec Tue-Loup, Spleen ou Hugo dans ce genre... Les faire poser dans un lavomatic, un ascenseur, un café ou dans la rue, ça demande aussi l'effort de les inclure dans autre chose que leur univers de départ (la musique)... et ça me plait...
5) On peut voir sur ton site des photos de politiciens comme Dominique Strauss-Kahn, est ce que pour toi la photo est aussi un moyen de dire des choses, être militant ?
Hé bien... pour ces photos "politiciennes", la réponse est non. J'ai en effet des convictions politiques, mais elles sont liées à des idées et non à des hommes... J'ai fait des meetings du FN, une fois, ça a été pénible pour moi... Et aussi les autres partis politiques bien sur... les ambiances changent, d'une couleur à l'autre... Je ne parlerais pas de l'extrême droite, j'ai trouvé ça trop effrayant en fait... Mais l'UDF/UMP c'était un festival de vouvoiements, de costumes trois pièces, tous tres sages, sauf 3 jeunes de la "jeunesse de l'UMP", le PS c'est une version cool des derniers... un costume, mais avec un polo ou un tshirt, le jean est assez répandu aussi... LO et LCR, c'est la fête à tous les étage, le monde doit changer, avec des fleurs des idées pour la france d'en bas, la vraie... C'est en fait le tissu d'une France dans toute sa diversité et tous ses excès... Il faut aussi montrer ce qu'on aime pas, justement parce qu'on a des convictions. Montrer la haine devrait servir à la dénoncer et non à en faire son apogée... Mais c'est le difficile pouvoir d'une photo: comment sera t'elle prise? Je suis déjà allé spontanément à des manifs, parce que la cause me semblait noble, et j'ai fait des photos de l'intérieur... c'est peut être ce que j'ai pu faire de mieux, être AVEC eux justement, et non plus ce regard extérieur... un peu comme les concerts en fait... J'essaie de ne pas faire passer mes idées politiques dans mes photos, mais je sais que je n'y arrive pas... ;o) Je suis profondément humaniste, c'est ce qui compte pour moi, et c'est la seule vraie démarche politique que j'accepte de montrer dans mes images de ce genre.
6) Qu'est ce que tu souhaiterais que l'on retienne de ton travail?
Je me suis jamais posé cette question je crois, enfin, pas de manière sérieuse... Car, mon "travail photographique" n'est pas fini, j'ai encore tellement de choses à dire, à faire et défaire.... J'aimerais peut être qu'on retienne une globalité, mon univers, ce qui se passe dans mes photos, et pas une ou deux photos en particulier... Chez moi c'est un tout, c'est cruel de me demander de choisir une seule photo qui illustre mon travail, ça m'arrive de temps en temps et j'y arrive pas. Une série, oui, c'est possible... Cette notion de récit est importante pour moi... Alors oui, peut être que je voudrais qu'on retienne ça, ce que je raconte..
7) Y aurait il un sujet que tu voudrais aborder, qui te tient à coeur ?
Un sujet photographique?... Je suis boulimique de la photo, je ne peux pas sortir de chez moi sans avoir un appareil dans le sac, même pour aller acheter une salade à l'épicerie en bas...
Ca fait aussi de moi un éternel insatisfait, mais je prends ça comme un tremplin à tout vouloir faire... Donc, un sujet en particulier, je ne sais pas... Des idées, oui, plein... L'écosse, retourner dans les ex-pays de l'est, des ville comme Prague, Cracovie, Budapest ... ou un sujet sur l'Amérique Latine aussi... Mais je sais que j'aborderais ça de deux manières opposées que je mélangerais sûrement... c'est les lieux et le carractère social de chaque endroit, de chaque peuple.... Je suis trés attaché au caractère culturel, même ici en France... C'est nos origines culturelles mélangées à ce que la population actuelle peut en faire, c'est ce bouillon que j'aime... Je reste persuadé que la photo doit rester un moyen d'expression accessible à tous, les photos trop complexes s'adressent à une élite ou des professionnel de l'image... j'en apprécie pourtant beaucoup, mais je ne pense pas que le public non amateur de photo puisse apprécier... C'est là que l'effet culturel peut jouer, amener les gens à ça, à comprendre, à aimer ou détester... Et non pas y voir un flou ou un cadrage penché... En fait j'aimerai bien faire ce que fait Depardon en ce moment, un état des lieux de la France profonde... Ces choses qu'on a aux portes de nos beaux centre villes... Et qu'on délaisse... C'est tellement riche, ces gens là ont tellement de choses à dire et ils ne sont pas entendus... C'est la vraie France d'en bas, c'est elle qui devrait avoir le monopole de l'expression graphique, et pas les rockfeller des galeries parisiennes...
8) As tu déjà imaginer l'hypothétique possibilité de devenir aveugle?
Oui... Mais je n'y survivrais pas je pense... Alors autant ne pas y penser...
9) Des projets à courts, moyens longs termes?
Des projets, non... des envies de continuer à avancer, oui... Les projets immédiats concernent plutôt ma vie personnelle, ça influencera mes travaux, c'est certain, mais sur les mois à venir je me concentre sur autre chose... Mais l'appareil sera toujours dans la main...
10) Pour finir qui aimerais tu voir interviewé dans ce webzine? Et ton mot de la fin ?
Kéa... Pour sa vision du quotidien, d'une intimité belle, presque "pure" dans une douceur reposante... Son univers est une merveille, chaque photo est un appel à la vie... Un mot de fin?...."Il faut être bien sage ou bien borné, Pour ne rien changer à ses pensées."