Johann Fournier
interview réalisée 17/08/07
Fonction : non définie
Site(s) : www.ether-elegia.com
Nom ou pseudo : johann fournier
Signification et/ou origine du pseudo : /
Date de naissance : 1982
Localisation : vagabond
Signes particuliers : anachronique
Matos utilisé : Eos 30D, un scanner et un Mac
Présentation personnelle : à vrai dire je me connais si peu...
A la façon du portrait chinois … Si j'étais ... je serais …
Une question pertinente : à quoi tu penses ?
Une chose insupportable : une brûlure sur la langue
Une œuvre : L'arrache coeur
Un personnage de fiction : Raskolnikov
Un mythe : Icare
Un proverbe : "l'enfer est pavé de bonnes intentions"
Une phobie : l'ennuie
Un vice : l'oisiveté
Un objet inutile : un métronome
Une idée récurrente : la fuite
Un cauchemar : la folie
Un moyen de transport : un dirigeable
Un bruit corporel : le souffle
Un prix Nobel de la paix : Martin Luther King
Un film porno : un film amateur
Un tyran : Gengis Khan
Un repas de famille : ...
Une habitude : l'alcool
Une polémique ridicule : la fin justifie-t-elle les moyens ?
Un investissement : des moyens
Une œuvre caritative : WWF
Un mensonge : "je ne sais pas"
Un souvenir : l'odeur de l'herbe après la pluie
Un site Internet : le mien, mais c'est un peu facile c'est vrai.
Les questions personnalisées :
1) Pourquoi avoir choisit ce nom
www.ether-elegia.com, y a t-il une signification particulière? Et dis moi, ton site semble bien vide en ce moment, en pleine mutation?
Effectivement, en dehors de la sonorité il y a une signification. L'ether c'est pour l'air, l'impalbable, un élément pour incarner le vide... ou plus simplement le possible, quelque chose qui tient de tout ça en somme. Elegia, élégie en latin donc, c'est à mettre en relation avec l'éther, sa nature et par conséquent celles de mes travaux. En fait beaucoup de lectures sont possibles, j'aime les termes aux sens multiples, je voudrais pas donner une clef et dire "celle ci est la bonne", d'ailleurs - c'est exactement pareil pour mes images. Quant à mon site... non non, je ne dirais pas qu'il est vide (même si c'était vrai) mutation ça me convient d'avantage, je change assez souvent l'habillage (tous les six mois environs) j'essaye de me retrouver le plus possible dans ce qu'il renvoit, dès qu'un décalage se créer, je fais une mise à jour, j'aurais la désagréable impression d'être figé autrement. Donc j'y travaille en ce moment, d'autre projets mon empêcher de finir ce que j'avais commencer dans les délais prévus, mais je peux aussi te dire qu'il est en vacance...
2) Il semblerait que tu ai du mal à dissocier tes mots de tes images. Les mots auraient un pouvoir? Quelle relation as tu avec eux? Et quels sont les auteurs qui t'intéressent?
Peut être pas "du mal" à les dissocier, mais clairement l'envie de les lier, de ne pas faire de différence. Avant de construire une image je commence par la penser, par l'écrire, dans ce processus de création le pouvoir des mots et celui des images sont complémentaires, leurs charges émotionnelles et poétiques s'expriment de manières différentes, j'essaye d'en habiter mes travaux indistinctement. Enlever les mots reviendrait à amputer une partie du dialogue, ce que je veux faire en fait, ce sont des images qu'on puisse voir, lire et entendre... Pour les auteurs il y en a trop pour que je puisse espérer être exhaustif, dans le désordre Wilde, Vian, Dostoïevski, Bukowski, Hesse...
3) Tu sembles assez complet niveau créations, pourrais tu nous expliquer un peu quelles sont toutes tes activités ?
Je photographie, j'écris, je fais de l'illustration, du webdesign, je réalise,
je monte... Mais en fait je suis surement assez
incomplet, je veux dire par là que, globalement, mes limites sont à l'origine de
ma diversité. Je ne suis naturellement doué
en aucun domaine, je cherche. Ca me fait toujours une excuse en moins pour ne
pas rien faire.
Et puis ne pas choisir une voie c'est aussi un choix, celui d'essayer autre
chose quand on est trop familier. De ne pas
s'enfermer dans une histoire une fois que tout devient un peu trop confortable.
J'ai l'impression que plus je maîtrise un
média plus il m'est difficile de m'exprimer avec. D'ailleurs le virage que j'ai
pris ces derniers temps n'est pas à étranger à tout ça. Parfois j'ai besoin de remettre un peu de chaos dans ce que je fais,
de l'aléatoire, de l'incertain.
4) Le virage que tu as pris, c'est à dire ?
Depuis octobre j'ai commencé une nouvelle série de portraits,
assez différente de ce que j'ai eu l'habitude de faire jusqu'à
présent (on peut en voir quelques images dans mon journal).
5) Comment procèdes tu pour créer une image, qu'est ce qui t'inspire, qu'est ce qu'il se passe dans ta tête, ... Prenons par exemple cette image :
Voilà une question difficile, tant la nature et la quantité de ce qui peut
m'inspirer est vaste. De toute
façon je crois qu'il vaut mieux éviter trop d'approximations... la meilleure
explication reste effectivement le cas particulier.
Cependant, s'il y une chose, commune à toutes mes images, c'est la façon dont
elles sont construite. Avant
d'être des photographies ce sont avant tout des idées, l'objectif est d'en faire
des images mentales simplement.
Je pense longtemps à la signification, l'image prend forme autour de cette base
de sens.
Pour le cas de cette image précisément, d'abord c'est une image qui parle de
l'identité multiple, ou plutôt de la
façon dont nous sommes multiples à chaque instant. Ce qu'on peut voir facilement
c'est que visuellement, il y a
clairement du Magritte là dedans. Mais d'une façon plus large et surtout plus
complète je dirais que les influences
majeures sont (comme pour toute une partie de mes travaux) les travaux des
surréalistes, des cubistes voir ceux
des symbolistes.
6) Dans une interview (Elegy n° 43 Aout/Septembre 2006), il est question d'un court métrage, que tu esperais avoir fini avant la fin de l'année... Qu'en est-il aujourd'hui? Fini? Est-il visible quelque part? Pourrais tu nous ne parler (synopsis, comédiens,...)?
Effectivement c'est ce que j'espérais... bon ce n'est pas encore la fin de
l'année... enfin, je doute pouvoirêtre dans les temps avec le programme des mois qui viennent. Sinon,
malheureusement je ne
peux pas en dire plus pour le moment, si ce n'est qu'il sera lié à la prochaine
série, qu'on pourra
voir en partie à Montpellier en Octobre.
7) Du Mercredi 14 février au 3 mars 2007 à la galerie kennory kim (Paris), il y avait une exposition où chacune de tes photographies était accompagnée par un morceau de Jonathan Benisty (son site officiel). Je vois sur ces sites (http://variations.ether-elegia.com & http://www.art-base.be) qu' une nouvelle expo est prévue de septembre à octobre 2007 à Bruxelles, sur le même schéma? Pourrais tu nous en parler? Est ce là, l'amorce du "livre musical" que tu souhaitais réaliser? En parlant toujours d'expo je suis tombée sur ça...

une autre expo?
Ce n'est pas seulement le même schéma, c'est en fait la même exposition.
L'aboutissement du projet
une image > une musique sur lequel j'ai travaillé avec Jonathan. Enfin, pas tout à fait l'aboutissement
puisque l'aboutissement sera le livre, qui est toujours en préparation. Mais ce
n'est plus qu'une histoire
de logistique, le principal étant fait.
Quant au fly, non ce n'est pas celui d'une prochaine exposition, mais celui
d'une ancienne.
8) Tu as touché au monde du théâtre (entre autre) lors du festival d'Avignon, où tu es occupé de la direction artistique et de l'illustration vidéo d'une piéce d'Ophélie Jaësan, qui s'appelle "Née Trouée". Le synopsis: histoire d’une
jeune femme, au sortir de
l’adolescence, qui a beaucoup
de mal à accepter son
corps. Et pour cause: corps
maltraité, volé, violé dans
l’enfance. C’est l’histoire
d’une quête de soi, d’une
renaissance. Qu'est ce qui t'a motivé dans ce projet? Aimerais tu reprendre ce genre d'expériences? De nouveaux projets peut être?
Dans ce projet c'est la rencontre avec l'auteur, Ophélie. Bien que nos univers
soient différent, on se comprend
très bien, et finalement ça n'a pas était une barrière, puisque à vrai dire on
parle des même choses. D'ailleurs
c'est toujours la rencontre qui me motive, ça et les opportunités de défricher
de nouveaux espace, enfin quand
je sens que ça souffle.
9) Quels espaces te restent-ils à déchiffrer, encore ?
(hum tu veux dire déchiffrer ou défricher ?)
De toute façon ce n'est que le début... Mais pour l'instant j'aimerais avoir
plus de
temps pour me pencher sur la vidéo. Donner un peu plus d'espace à mon écriture,
qui depuis trop longtemps, reste dans l'ombre des images. Rencontrer le
monde du théâtre et de la scène en général que je n'ai qu'effleuré (...) Et tant
de
choses encore.
10) Pour finir qui aimerais tu voir interviewé dans ce webzine? Et ton mot de la fin ?
David Richard aka Popcube, un dessinateur de Montpellier avec qui j'ai eu le
plaisir
de travailler. Sinon, je n'aime pas tellement les mots de la fin, pas plus
que la fin. On recommence ?