Andy Julia
interview réalisée 2 4/06/07

Fonction : Photographe
Site(s) : www.andyjulia.com
Nom: Andy Julia
Date de naissance : 11 octobre 1982
Localisation : Paris
Signes particuliers : jamais satisfait
Matos utilisé : Argentique, moyens formats Mamyia 645 et Pentax 645, numérique, dos imacon P25, Nikkormat,  reflex eos 1ds
Présentation personnelle : Dans la photographie je cherche l'esthétique dans la vérité et la sincérité des images. On peut parler d'émotion, c'est une chose qui reviens sans cesse et qui me pousse a photographier. Je suis attaché à cette recherche de l'intériorité et suis souvent attiré ou fasciné par ce que mes modèles, ne me disent qu'en image.

A la façon du portrait chinois … Si j'étais ... je serais …
Une question pertinente: Seriez vous jalouse?
Une chose insupportable : La beauté inaccessible
Une œuvre : Hylas et les Nymphes (JW.Waterhouse)
Un personnage de fiction : Le Compte de Rochester ( Rochester le dernier des libertins)
Un mythe : méduse
Un proverbe : on est jamais prophète en son temps
Une phobie : les arachnidées
Un vice : la luxure
Un objet inutile : un livre aux pages vierges
Une idée récurrente : faire plus beau
Un cauchemar : la perte de mes sens
Un moyen de transport : la chaise a porteur
Un bruit corporel: la respiration
Un prix Nobel de la paix : Julia Margaret Cameron
Un film porno : Histoire d'o
Un tyran : Heliogabalus
Un repas de famille : tea time at 5p.m
Une habitude: l'excès
Une polémique ridicule : la cleptomanie de Winona Rider
Un investissement : un grand manoir
Une œuvre caritative : défense droit des femmes
Un mensonge : Je vous aime
Un souvenir : une nuit d'été il y a 3ans
Un site Internet : http://www.desireedolron.com/


Les questions personnalisées :
1) Tu dis je cite "Je suis attaché à cette recherche de l'intériorité et suis souvent attiré ou fasciné par ce que mes modèles, ne me disent qu'en image." Tu as peut être un souvenir, une anecdote à ce sujet ?

Des souvenirs peuplent mon imaginaire et nourrissent mon inspiration. Il y a cependant une image qui est le symbole de ceci :

Ce modèle s'est d'abord présenté à moi comme interdite, discrète, secrète. Et par anti-thèse, cette image est un symbole de force et de trouble. On peut parler d'une certaine magie de la photographie, car seul cela aurait pu me permettre de créer un pont vers une autre réalité, un perception sans doutes plus profonde de l'âme. On oubli vite le coté esthétique et visuel d'une photographie, pour plonger plus au fond de l'instant, qui devient comme une cristallisation du fantasme, une réaction chimique imprévisible et pourtant bien réelle. A chacun sera permis de donner sa propre part d'éternité, ou d'oublier vite ces images, qui ne sont rien de plus que des souvenirs

Alyz (son interview sur Entre-vu) a accepté de jouer le jeu, et te pose deux petites questions:
2) C'est quoi pour toi un "bon modèle" ?

C'est une personne avant tout, quelqu'un qui accepte à un moment donné de livrer un morceaux d'elle, qu'elle ne pourras pas reprendre... quelqu'un qui n'attend rien en retour et qui livre ses secrets aux oreilles attentives.

3) Si tu devais choisir trois mots qui résument, selon toi, ton univers
artistique, quels seraient-ils ?

Imprévu, secret, contemplatif

4) "Contemplatif" ... Quelles sont les "choses" que tu aimes contempler? Dans une interview pour ELEGY tu évoquais "Des peintures et sculptures du XIXéme siècle" "Des images de Floria Sigismondi", quoi d'autres ... ?
Ces derniers temps mon regard s'est posé particulièrement sur les peintures pré raphaelite, ce fascinant courant pictural Anglais du 19ème siècle. Un récent voyage à Londres m’a montré certaines pistes à suivre... alors je me perd dans ces sous bois et m'interroge sur ces étranges nymphes, fascinantes créatures aux multiples aspects, parfois tendre comme dangereuse. Mes aspirations s'éloignent de l'humanité et de tout ce qui m'y rattache.

5) Je ressens dans tes images, dans ton univers, un paradoxe assez troublant qui lie de la mélancolie avec une sorte d'intemporalité, d'éternité. Suis- je dans le faux?
Peut être suis-je pris de cette maladie destructrice et noble qu'est la mélancolie. Qui est aussi une maladie mentale. Le seul remède en est la contemplation, l'extase du beau et la recherche effrénée d'un idéal. La mélancolie est aussi une manière de reconnaître son impuissance face à la peur et à l'envie, une manière douce mais fatale.

6) Pourrais tu nous parler plus en détails de cette cinquantaine d'images accrochées sur les murs de la vanilla Gallery à Ginza, tokyo en mai dernier ?
Ces images sont le fruit de deux années de photographie, éparses, diverses et personnelles. A travers ces images, je me suis posé un certain nombre de questions, j'ai aussi pris beaucoup de plaisir et en ai peut être aussi un peu donné... Je crois que les comparaisons avec certains actes humains y sont éloquentes, mais j'ai surtout aussi voulu m’approprier cette notion de "Libertine". Ce mot, qui je le pense, à perdu son sens dans les méandres de l'époque dite "moderne", qu'est la nôtre.

A Tokyo, j'ai été surpris de voir que les femmes japonaises éprouvaient une fascination très forte pour les images et les hommes ne montraient que pudeur et discrétion. Peut être la différence entre la gente féminine et masculine a fait surgir quelque peut ce décalage dont je parle, entre mes images et le monde actuel? Car les femmes japonaises sont semblables aux fantomatiques Geisha de peintures des années 20'...on les devine sans jamais croiser leur regard.

7) D'autres projets à nous présenter? J'ai lu un projet de série en extérieur sur des thèmes symbolistes, inspirés par des peintres anglais du XIX eme siècle, ... Toujours d'actualité? Et sinon d'autres envies? D'autres rêves? D'autres surprises?
La série est en train de naître dans un tumulte de floraison et de fougères... des kilomètres de cheveux, des regards perdus. Des envies, comme des maladies flottant dans ma tête, qui me rappelle sans cesse que le temps passe et que rien d'autre que l'art n'est éternel.

8) Dans tes images, il y a très peu d'hommes... Pourquoi?
ll y a peu d'homme car mon intérêt se pose le plus souvent sur l'autre moitié de l'humanité qui me fait la trouver belle.

9) Quelle est la question que tu aimerais que je te pose? et qu'y répondrais tu?

Est-ce que tu penses que ton travail te survivra?
Et je dirais: "pourvu que oui..".

10) Pour finir qui aimerais tu voir interviewé dans ce webzine? Et ton mot de la fin?
Eva Ionesco.
Merci de bien vouloir relire entre les lignes.