Gabrielle Duplantier
interview réalisée le 14./05/2010

Fonction : photographe
Site(s) : gabrielleduplantier.com
Nom ou pseudo : gabrielle duplantier
Signification et/ou origine du pseudo :
Date de naissance : 28 octobre 1978
Localisation : Pays basque
Signes particuliers : cheveux noirs
Matos utilisé :  vieux nikon, mauvais temps si possible
Présentation personnelle :  solitaire, en recherche


A la façon du portrait chinois … Si j'étais… je serais …
Une question pertinente :  pourquoi ?
Une chose insupportable :  la canicule
Une œuvre : six feet under
Un film : Thelma et Louise
Un morceau de musique : ces jours-ci Nude de Radiohead
Une surprise :  de l’amour
Un personnage de fiction :  Jane Eyre
Un mythe :  Frida Kahlo
Un proverbe :  « le mot lampe n’a jamais éclairé l’obscurité »
   « Les cents premières  années sont difficiles, après il n’y a pas de problèmes »
Une phobie :  les gros chiens
Un vice :  8,6 red  de bavaria
Un objet inutile : tout est vain sauf la bonté
Une idée récurrente : être heureuse
Une arme :  un poignard, savoir parler
Un cauchemar :. facebook
Un moyen de transport :  mes pieds
Un bruit corporel :
Un prix Nobel de la paix :  Mère Teresa
Un film porno :  l’ile de la tentation
Un tyran :  Heathcliff
Un repas de famille :  un Noël au Portugal
Une habitude :  me coucher tôt
Une polémique ridicule : la viande halal dans les Quick, pour ou contre ?
Un investissement : trouver son chemin
Une œuvre caritative :
Un mensonge :  le maquillage
Un souvenir : mon arrivée à Madras
Un site Internet : question pour un champion online

 

Les questions personnalisées :

1) Il est quelques fois difficile de parler de soi, de ses créations, de ses intentions... Et il arrive aussi que les journalistes soient maladroits voire à côté de leurs pompes... En surfant sur le net, je suis tombé sur ce petit reportage vidéo qui présente l'artiste que tu es. Je me demandais si pour une introduction à ton univers, tu trouvais ça pertinent, ou pas?


J’espérais bien que personne ne tomberait dessus…
oui il est difficile de parler de soi et de sa création, il y a des jours où les idées sont plus claires que d’autres, le jour ou un cameraman et une journaliste viennent pour t’interroger et te filmer n’est pas celui-là idéal, j’ai plutôt tendance à la confusion dans mes pensées lorsque les mots que je vais dire seront enregistrés et écoutés, c’est intimidant. Et j’oublie toujours un truc essentiel à dire.
Ce que je pense de ce sujet est simple : je n’aime pas spécialement me voir, je ne me trouve pas forcément très intéressante, mais c’était à moi de nourrir le propos du reportage et d’essayer d’être à l’aise, l’équipe, elle, a fait ce qu’elle avait à faire avec beaucoup d'égard pour moi, d’ailleurs je suis restée amie avec la journaliste après ça, je trouve qu’elle dit de jolies choses.

2)" J’espérais bien que personne ne tomberait dessus…"  ah ah ! bon, ben je crois que c'est trop tard :D ... J'avoue je l'ai trouvé un peu par hasard, en réalisant des recherches sur google. Par ailleurs, e n cherchant, je suis tombé sur ton oncle (si je ne m'abuse) Alain Duplantier, tes fréres Mario et Joseph Duplantier... On dirait que la famille est riche en créativité! Quelles sont les interactions que vous avez entre vous (artistiques j'entends)? N'est ce pas quelques fois difficile de grandir autour de personnes aussi créatives?

Pourquoi serait ce difficile? Au contraire, je suis ravie d’être entourée par des gens qui ont eu le talent et le courage de faire de leur art un metier.
Alain Duplantier à beaucoup à voir avec mon investissement en photographie, il m’a très tôt encouragée. Il m’a permis de l’assister sur différents projets et tournages, et il m’a donné des coups de mains précieux que j’essai de lui rendre dès que je peux.. Il est pour moi un modèle de réussite, il gagnait sa vie comme photographe dès l’âge de 20 ans et il travaille aujourd’hui pour le cinéma; il n’a peur de rien et ne se décourage jamais; c’est ce que je lui envie le plus.

Quant à mes frères, je ne ratais jamais un concert dès les premiers dans les bars ou les MJC, dans des villages paumés entre 10  spectateurs. J’ai toujours adoré les voir sur scène. Un groupe à toujours besoin de photos, c’etait au départ pratique de m’avoir sous la main, alors que je commencais à peine, pour faire des images à la va-vite . On est devenu peu à peu plus professionnel et plus inspirés pour les séances photos.

Nous avons des sensibilités très proches et nos univers artistiques se font echos alors je travaille aussi sur des illustrations pour les albums ou pour des projections sur scène. Ils utilisent souvent des images extraites de mon travail personnel qui se trouvent refléter parfaitement l‘atmosphère de certains morceaux. Il y  a eu aussi des interactions entre Alain, Gojira et moi à travers deux clips réalisés par Alain en animation photo. Tous ces échanges sont de plus en plus enrichissants à mesure que le temps passe.

3) Puisque tu parles des clips réalisés par Alain Duplantier pour Gojira... Revenons dessus si tu veux bien... Tu peux nous en dire plus ? Dans quelle mesure tu as travaillé sur la réalisation ? Quelles étaient tes missions ?


Gojira - Love ( videoclip)


GOJIRA - To Sirius (VIDEO CLIP)

J’ai d’abord servi un peu d’intermédiaire puisque je voyais souvent Alain alors que mes frères le connaissaient peu. On a eu ensemble l’idée de faire un premier clip, puis un second. Alain m’a confié toutes sortes de rôles avant, pendant et après les tournages, J’ai été un peu tout, assistante photo, assistante post-production, intendante, directrice de casting, accessoiriste, femme de ménage, photographe de plateau etc..  et j’ai adoré ça. C’était une organisation très familiale, ou chacun devait assurer ou improviser son rôle, être multi casquette, avec Alain comme chef d’orchestre lui-même inspiré par le scénario de Joe, mon frère.

4) As tu déjà bossé la vidéo de façon plus personnelle ? Ou peut être que c'est dans un de tes projets? Ou pas du tout ?

Non, je n’ai  jamais expérimenté la vidéo. C’est vrai que ça peut vite devenir la  continuité naturelle d’un travail de photographe. Ça m’a parfois traversé l’esprit mais c’est un univers qui m’impressionne encore trop  par la réflexion que ça impose et tous les aspects techniques qui m’ennuient. Je me retrouve plus dans la peinture par exemple, image fixe encore, faire des tableaux ou des images qui interpellent d’elles-mêmes et en silence. Mais ça viendra peut être... Je rêve en secret d’être capable de réaliser un clip mais j’en suis loin pour l’instant.

5) Dans ta bio on peut lire " Gabrielle Duplantier a étudié la peinture et l'histoire de l'art à la faculté des Arts Plastiques de Bordeaux. La photographie constitue alors une passion annexe." Cet amour de la peinture te vient d'où ? Qui sont tes artistes peintres préférés? As tu des créations que l'on peut voir ?

Je crois que j’aurais aimé être peintre et l’histoire de l’art me passionnait, c’était il y a quelques années, mes études en fac d’arts plastiques ont réussi à m’écœurer doucement par un apprentissage et des professeurs décevants.

J’ai quitté les études et j’ai poursuivis ma pratique de la peinture seule sans plus envie de regards ni d’avis, juste par besoin, comme une hygiène. C’est  quelque chose que j’ai toujours gardé pour moi.

Puis mon travail de la photographie et  la propreté que ça demande à progressivement prit toute la place, et ça j’ai eu très vite envie de le partager, c’est peut-être moins intime que la peinture.

Aujourd’hui ça me manque de peindre alors j’essaie de m’y remettre parcque c’est pour moi une discipline irremplaçable pour l’expression de soi. Plus charnel et plus franc, c’est de la création pure directe de soi à la matière. C’est un bienfait pour l’âme qui se cherche.
Je n’ai pas vraiment d’artistes préférés et je ne connais rien de la création actuelle, mais j’ai été marqué à l’époque par Giotto, Rouault, l’expressionnisme allemand, et plus récemment Balthus et Frida Kahlo.

Je veux bien te glisser mon dernier portrait mais j’insiste : ce n’est pas fait pour être vu à la base, c’est mon exutoire personnel 
!

6) On retrouve dans la plus part de tes créations deux principales thématiques: des portraits et des paysages. C'est peut être un point de vue très personnel, mais je trouve que tu photographies les deux sujets, avec une unité esthétique assez déconcertante, tu traites tous tes sujets avec le même "regard", ce qui leur donne une âme quasi similaire. Pourquoi ces deux thématiques, et ce "regard" est-il souhaité? Comment procèdes tu quand tu choisis tes sujets ?

Oui tu as raison, quel que soit le sujet  je cherche la même chose, une intensité surement, c’est pareil pour les lieux, on me dit souvent que ma série sur le Pays basque n’a de basque que le titre, ce sont des visions très ouvertes je ne veux pas figer un lieu avec son folklore ou ses couleurs mais plutôt à travers une atmosphère, des sensations personnelles qui naissent face à un paysage ou à une situation.
J’aborde les paysages de la même manière que les personnes avec la volonté de saisir du mouvement, des entre deux temps ou l’étrangeté d’une situation banale. Pour tenter de les dévier un peu de la réalité.
Les choix se font instinctivement lorsque je me sens interpellée par ce que je vois, et que mon imaginaire se réveille. Je suis très sensible à la nature , les arbres, les routes et les lumières changeantes qui les animent et les transforment d’un instant à l’autre ; le vent, la pluie, le brouillard, le crépuscule qui s’étalent sur n’importe quel lieu terne devient une scène magique et émouvante, hors du temps. Pour moi ce sont des moments de joie intense, ça m’éblouie;  et si je peux intégrer des personnages c’est encore mieux pour raconter une histoire particulière encore plus vivante. C’est ce que je fais de plus en plus, mêler portraits et paysages, parcque toutes ses images ont un lien. Elles sont liées aussi par leur traitement en noir et blanc. Avec une harmonie entre de fortes zones d’ombre et de lumière.

7) Tu as réalisé un ouvrage " Chapelles du Pays Basque", est ce que tu peux nous en parler un peu plus ?

C’était une commande d’une petite maison d’éditions basée à Pau et qui produit beaucoup d’ouvrages sur la région, l’éditeur m’a proposé de faire un livre de photos sur les chapelles du pays basque, j’ai dit oui tout de suite. Je savais qu’il attendait de moi des images en couleur et dans un style très accessible, pour le reste j’étais très libre. Il m’a laissé faire la sélection finale et choisir ma maquettiste.

Ça a été une expérience passionnante pour moi de découvertes de lieux, ça m’a aussi permis de développer une esthétique photographique en couleur très différente, comme un exercice. J’ai adoré faire la route à la recherche des chapelles parfois oubliées, indiquées nulle part, parfois sacrées pour les habitants. J’aurais voulu que ca ne s ‘arrête pas puisque au fur et à mesure des voyages j’éprouvais une implication de plus en plus forte et les derniers temps j’ai créé des photos plus personnelles, ce sont celles-là dont je suis le plus fière.

8) Est ce que tu peux nous causer de tes projets à venir ? Des envies particulières ?

J’aimerais pouvoir voyager plus, pour m’orienter vers d’autres sujets et ouvrir ma tête. J’ai travaillé récemment par exemple pour un sujet sur des paysans et un autre sur les centres d’art contemporains au Pays basque, ça me plait énormément de me confronter au monde un peu plus, ça nourrit. Je veux plus travailler pour les autres tout en poursuivant mes recherches personnelles, afin de trouver l’équilibre entre introspection et  ouverture qui me fait défaut.

9) Avant de finir, si tu trouvais demain matin à tes pieds une lampe magique, et qu'un génie te proposes de faire 3 vœux, tu ferais lesquels?

Vu que je ne sais pas mentir, je préfère garder pour moi mes vœux les plus chers, ils sont trop personnels en ce moment pour être partagés..

10) Pour finir qui aimerais tu voir interviewé dans ce webzine? Et ton mot de la fin ?

Frida kahlo evidemment!
Merci Bufet Froid, j’admire ton engagement dans tout ce que tu fais, c’est inspirant.