6 pieds sous terre éditions
interview réalisée le 14/07/2010
Fonction : éditeur
Site(s) : http://www.pastis.org/6piedssousterre http://6pieds.tumblr.com/
Nom ou pseudo : 6P
Signification et/ou origine du pseudo : Les initiales de la maison d'éditions qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à mes propres initiales (pas fait exprès).
Date de naissance : Il y a très longtemps dans une galaxie lointaine.
Localisation : Une galaxie lointaine.
Signes particuliers : N'aime pas grand chose.
Matos utilisé : N'importe quoi avec de la ram et un bon écran. Un vélo. Beaucoup de papier.
Présentation personnelle : On se distille à travers ce qu'on fait, qui je suis réellement n'a pas de vérité dans un monde régi par les apparences.
A la façon du portrait chinois … Si j'étais ... je serais …
Une question pertinente : Mais en vérité, vous pensez quoi ?
Une chose insupportable : Le concept naïf de progrès.
Une œuvre : Conte démoniaque (Aristophane).
Un film : Le miroir (Tarkovski).
Un morceau de musique : Gloomy sunday interprété par Diamanda Galas.
Une surprise : Beth Ditto sortant d'un gâteau.
Un personnage de fiction : Claus et Lucas, dans Le grand Cahier.
Un mythe : L'éternel recommencement.
Un proverbe : personne ne s'en souviendrait.
Une phobie : La foule.
Un vice : L'envie (paradoxalement).
Un objet inutile : Un portable.
Une idée récurrente : Refaire.
Une arme : Une dose mortelle de franchise.
Un cauchemar : Une cage d'escalier sans fin.
Un moyen de transport : Un skate.
Un bruit corporel : Nadine Morano
Un prix Nobel de la paix : Les frères Nobel font amende honorable à bon compte, je déteste les repentis.
Un film porno : Avatar
Un tyran : La modernité
Un repas de famille : Le moment ou l'un des convives lance un couteau sur un autre
Une habitude : Ne pas répondre au téléphone.
Une polémique ridicule : La politique.
Un investissement : Le temps
Une œuvre caritative :
Un mensonge : Un discours
Un souvenir : regarder la mer
Un site Internet : http://acidolatte.blogspot.com/
Les questions personnalisées :
1) Généralement comment présentes- tu 6 pieds sous terre éditions, pour celles et ceux qui ne connaissent pas ?
Comme cela fait déjà plus de 15 ans que ça existe, je commence par respirer un grand coup avant de sortir une tirade déjà prête. À savoir que 6 Pieds sous terre est une petite maison d'éditions qui propose des bandes dessinées ouvertes sur le monde d'aujourd'hui. Que c'est considéré comme de l'alternatif et ne s'adresse pas vraiment aux enfants. Qu'il y a autant d'œuvres de genre -dont beaucoup de récits d'humour- que d'œuvres plus expérimentales, littéraires et qu'il n'y a jamais de formatage dans les approches graphiques. Puis je me dépêches de couper court à tout compliment du genre "faire de sa passion son métier" en précisant que de toute façon, personne n'en vit, on travaille tous à côté pour avoir du temps pour faire ça et le subventionner. Que le seul luxe finalement, c'est d'éditer soi-même les livres qu'on a envie de lire et le plaisir de relier l'auteur à son public -même s'il est peu nombreux- en essayant de bien travailler les livres, particulièrement au niveau de la forme.
2) Y a t-il des livres que vous avez édité dont tu es particulièrement "fier" d'avoir pu sortir ?
Plutôt que de fierté, je parlerai de satisfaction et cela s'applique à la plupart des livres. Je suis ravi de porter, éditorialement parlant, le travail de Pierre Duba à travers tous ses livres qui forment, les uns à la suite des autres, une seule et même œuvre, unique et très exigeante. De la même manière, je remercie Ambre de me faire confiance en faisant éditer ses livres chez 6 Pieds sous terre. Comme je suis flatté d'avoir participer à l'essor d'auteurs tels que David Vandermeulen, Guillaume Bouzard, Winshluss, Daniel Casanave et plus récemment James & BenGrrr, Gilles Rochier, Nicolas Moog, et en fait, beaucoup d'autres même si ce n'est parfois que pour un seul ouvrage, je ne pourrais les citer tous, notre catalogue compte plus de 150 titres. Admettons que j'ai une petite fierté d'avoir fait découvrir les travaux de Derek Kirk Kim et de Mawil en France. Une de nos collections de récits courts (Lépidoptère) m'a aussi permis de mettre un peu de lumière -bien insuffisamment hélas- sur le travail de beaucoup de jeunes auteurs comme Nancy Peña, Louis-Bertrand Devaud ou sur des approches très originales comme celles de LL de Mars ou Didier Progéas.
Après, certains livres sont plus difficiles que d'autres à accoucher, venir à bout de projet comme l'adaptation en bande dessinée d'Une trop bruyante solitude, de Racines ou de Faust seraient de bons motifs de satisfaction si mon insatisfaction chronique n'était pas l'un des composants essentiels de mon moteur. Le travail accompli sur la revue Jade démarré en 1991 est aussi une bonne source de motivation. Nous avons pu, collectivement, défricher avec elle les grandes tendances de la maturité de la bande dessinée de ces 20 dernières années et d'une certaine façon, avec une formule très différente,nous continuons aujourd'hui.
3) Quels critères rentrent en compte dans la sélection des œuvres? Comment l'équipe choisit les artistes ? Au coup de cœur ? Tu disais tout à l'heure que vous bossez tous à côté, y a t-il aussi une part purement pécuniaire? Grosso modo qu'est ce qui rentre en jeu dans le choix de l'édition (ou non) d'une œuvre?
Il n'y a pas vraiment de critères. Les choses ne sont pas si formelles et évoluent au gré des ans et des gens qui participent à 6 Pieds. Et nos goûts évoluent aussi. La rencontre avec un auteur, la façon dont on peut s'entendre ensemble, nos buts artistiques, ceci est important. Comme il est important d'essayer de trouver de jeunes auteurs qui amènent avec eux leur jeune regard sur le monde. Je déteste les projets tout fait, tout construit avec les ficelles apprises dans les écoles, les graphismes tendances ou clichés, les auteurs qui se disent "prêts à faire tel ou tel genre, ou plutôt autre chose si ça vous convient mieux". Nous éditons peu de livres, on peut les choisir bien. On travaille déjà avec beaucoup d'auteurs, j'écoute ce qu'ils me disent sur leurs nouveaux projets, on bosse ensemble dessus pour voir la forme qu'on peut leur donner. De temps en temps, on se jette vraiment dans l'inconnu avec un nouvel auteur qui n'a jamais été publié et qui propose quelque chose de très original, mais ce n'est pas plus de 2 ou 3 titres par an. C'est un milieu où l'on se croise beaucoup entre petits éditeurs et les auteurs qui publient chez chacun. Des passerelles se font, les projets trouvent assez naturellement leurs éditeurs respectifs.
Il n'y a pas de démarche purement pécuniaire dans notre travail, si on travaille à côté c'est justement pour pouvoir éditer exactement ce que l'on veut et subventionner nos souhaits de livres, si le pognon devient un critère autant aller bosser chez Delcourt ou Dargaud, là au moins, on aura les moyens de mettre en pratique cette démarche (et de toucher le salaire qui va avec). Par contre, on est parfois confronté à l'autre côté de la chose. Certains projets sont intéressants mais on est devenu une trop grosse structure (relativement parlant) pour les éditer. Ce sont des projets on l'on sait que l'on perdrait trop d'argent à les faire avec notre diffusion actuelle et la façon dont on fabrique les livres. Il faudrait qu'on puisse mettre au point un processus de micro-tirage pour les faire et honnêtement, on a plus le temps de mettre ça en place. Dans ce cas précis l'argent à une incidence. Nous ne sommes pas un gros éditeur mais nous ne sommes plus non plus un micro-éditeur.
Ce qui est en jeu dans le choix d'éditer, c'est une pertinence graphique ET narrative, un sujet, pertinence subjective qui se base sur nos goûts et notre expérience. Nous ne sommes pas tous forcément d'accord sur ce qui doit sortir ou pas, on essaye de travailler en bonne intelligence mais ça ne se passe pas sans (petits) heurts.
4) Comment t'es venu cette idée, ou plutôt devrais-je dire cette envie de bosser pour Six Pieds Sous Terre? Quel est ton parcours ?
Quelque part 6 Pieds sous terre est un projet de vie. C'est à dire que ce n'est pas quelque chose de prévu ni de fabriqué. Au tout début, fin des années 80, j'avais monté avec un ami un fanzine (assez mauvais) de bande dessinée et de musique. Des jeunes auteurs sont venus se greffer dessus, des journalistes amateurs... Une partie de ces gens et moi-même avons finalement quitté cette revue pour en monter une nouvelle, Jade, au sein d'une association qu'on a appelé 6 Pieds sous terre. Cette revue, qui était à l'époque diffusée en librairies et dans les kiosques de la région ayant eu un certain succès, nous avons lancé une nouvelle mouture, dans tous les kiosques cette fois-ci, en 1995. Parallèlement les auteurs publiés dans la revue avaient des envies de livres. Ça nous a semblé être la voie naturelle à suivre, d'autant que c'est dans ces années-là que de nombreuses petites structures, que nous croisions régulièrement dans les festivals se sont également montés (l'association, Les requins marteaux, Amok, Fréon etc.). Comme nous étions les seuls à être en kiosque et à avoir une grosse partie rédactionnelle, nous avons servi de relai médiatique. Ce mouvement éditorial autour de la bande dessinée dans les années 90 était vraiment quelque chose de nouveau et a aggloméré énormément d'artistes et d'auteurs de tout horizons. Au delà de ce bourdonnement très stimulant, la survie en kiosque s'est avéré très compliqué et la plupart des gens qui s'occupaient de Jade et de 6 Pieds sous terre ont dû chercher ailleurs de quoi bouffer. De nouveaux sont venus apporter leur aide (et parfois leur argent) et au bout de 19 ans, nous ne sommes plus que 2 de l'équipe de départ.
Et donc, pour répondre à ta question, l'envie est celle de faire exister un moment et une famille artistique. Le projet de vie ce serait ça et c'est loin d'être simple et confortable. Et le parcours c'est de tenter de mener cette barque aussi loin et longtemps que possible. Mon parcours personnel n'a aucun intérêt, je ne prête pas foi à l'environnement sociétal qui considère qu'il est dans l'ordre des choses de donner de la valeur aux parcours individuels, une histoire d'âne, de bâton et de carotte sans doute...
5) "Un projet de vie" qui dans l'idéal, tend à aller vers ... ?
Vers quoi ? Il n'y a pas de plan prédéfini. Les événements nous trimballent au fil des rencontres et au choix des hasards, c'est un chemin qui se trace au fur et à mesure qu'on avance (un peu à la manière du passeur conduisant ses passagers dans le film Stalker de tarkovski), un mélange de logique et de hasard. Si d'autres sauront un jour prendre à notre suite les rênes de 6 Pieds sous terre, ce sera un idéal sympa. Pour ma part, le projet se situe dans le "faire", sans recherche d'un hypothétique but à atteindre. L'idée est de faire en sorte qu'au moins une partie de nos publications sachent parler du monde présent, quelque soit le genre ou la matière graphique qui les contient. Ce n'est pas ambitieux, c'est juste un choix sur la condition de l'œuvre.
6) Quelles sont vos actualités sur du court et moyen terme?
Le programme éditorial est quasi établi jusqu'à fin 2011. Pour le second semestre 2010, le gros chantier est le premier volume d'une trilogie consacré à une secte du 16e siècle, les Anabaptistes, prévue pour octobre. David Vandermeulen (l'auteur de Fritz Haber) est au scénario et Ambre aux dessins. Graphiquement, cela s'inspirera de la gravure allemande des 16 et 17e siècle. Le livre reproduira les planches au format 1/1, soit quelque chose approchant de 28x38 cm. Une approche qui pourra parler ainsi du retour au religieux tel qu'on le vit aujourd'hui. Sont prévus également fin août un nouveau volume du Poulpe, "Lisier dans les yeux" de Franck Resplandy et Fritz Bowwl, qui se passe dans le milieu des élevages de porc en Bretagne et le nouveau numéro de Jade, réalisé par une quinzaine d'auteurs dont la thématique abordera la question du regard des autres (amis, familles, entourage) sur la profession d'auteur de bande dessinée. Tout début septembre, nous sortiront un ouvrage de Serguei Dounovetz et Paco Roca qui évoquera les colonies espagnoles dans le sud de la France, suites aux mouvements migratoires (des guerres Carlistes jusqu'à la guerre civile). L'occasion de rappeler que les camps de rétention, en France, ne datent pas d'aujourd'hui. La fin de l'année sera beaucoup plus fun avec une nouveau récit de voyage/récit culinaire de Nicoby "À Ouessant, dans les choux" dans la veine de son précédent "Excursion coréenne" paru en 2007, puis en décembre, Loïc Dauvillier et Tanxxx proposeront un petit livre très ludique sur le mythe des 9 vies du chat. Ça s"intitulera "9 Pieds sous terre".
Une quinzaine d'ouvrages sont prévus pour 2011, avec une premier semestre très chargé et un mois de janvier explosif : Gilles Rochier sortira "TMLP (Ta mère la pute)", récit biographique à peine croyable et pourtant véridique sur la vie de son quartier dans son enfance. L'occasion, j'espère, de démontrer à beaucoup son formidable talent de conteur de la réalité sociale. Nous publierons le même mois "Rorschach", le premier ouvrage de Terreur Graphique (c'est son nom), un jeune auteur qui est train de se révéler actuellement. Des ouvrages de James et La tête x, Nicolas Moog, Fabcaro, Max de Radiguès, Daniel Casanave sont en cours, ainsi qu'une "Trilogie urbaine" scénarisé par Sylvain Ricard et une intégrale de Harry Mickson de Florence Cestac. Largement de quoi s'occuper...
7) Côté lecteur, quelles sont tes dernières claques / surprises?
J'apprécie beaucoup en ce moment la série "Blackbird" qui devrait sortir chez L'employé du moi l'année prochaine je pense. Pour l'instant ça sort en petits fascicules auto-édité par son créateur, Pierre Maurel. C'est dispo en VPC et sur les quelques festivals qui accueille cet auteur. J'aime beaucoup également le fanzine "Comme un plateau", d'une jeune auteure nommée Émilie Plateau. Nous l'avons d'ailleurs accueilli pour le prochain numéro de Jade. S'il faut vraiment parler de "claque", ce n'est pas très récent, ce qui s'en approcherai le plus a été la découverte des récits du l'auteur Berlinois Mawil dont nous avons entrepris les traductions pour la France depuis 2006.
Après, à la limite, ce qui me surprend c'est plutôt une certaine normalisation de l'édition en bande dessinée. La décennie passée a été tellement riche et aventureuse qu'on a du mal aujourd'hui à voir émerger des œuvres à la fois novatrices et originales. C'est comme si l'édition en général avait en partie intégré les codes graphiques les plus rassembleurs et les plus esthétisants pour lancer des jeunes auteurs, indéniablement doués, mais terriblement conventionnels ou inoffensifs dans leurs propos (le transgressif étant bien sur le summum actuel du conformisme).
Bien sur il y en a encore pas mal, mais ils publient surtout aujourd'hui dans des toutes petites maisons d'édition qui elles-mêmes ont été reléguées, tant par la surproduction que par des collections "à la manière de" des gros éditeurs, à la portion congrue des rayonnages des librairies. La curiosité qui présidait dans le milieu de la bande dessinée des années 90 semble avoir été un effet de mode, aujourd'hui en partie passé. Pour lui succéder, le frais, le fun et l'exotique esthétisé au verni alternatif nous dit la part de plus en plus dominante de l'abandon de la bande dessinée aux mains du marché. Ce n'est d'ailleurs pas une critique de la légèreté mais plus de la culture de l'apparence ou l'on s'arrête à ce petit côté sucré sans plus chercher à voir se qui pourrait se cacher derrière, si quelque chose s'y cache encore. Cela crée un phénomène qui me semble assez dramatique, celui de l'auteur "jetable" qui malgré son regard sur le monde et son talent de le raconter, n'aura plus le temps de s'installer pour mettre à plat ses propositions ; il sera rapidement remplacer par d'autres, voués au même mouvement. La bande dessinée montre bien aujourd'hui cet art du survol et du morcellement ou le lecteur ne peut plus que picorer du fond par fragment tout en devant acheter de plus en plus de supports. Peu de choix mais sur beaucoup de supports, c'est une bonne théorie de vente, nul doute que l'industrie culturelle à de beaux jours devant elle.
8) Puisque tu évoques l'industrie du livre, j'aimerais connaître ton point de vu l'arrivée des e-books? ?
Alors concernant les e-books dans la bande dessinée... comment dire... je m'en fous complètement. Je suis intéressé par les livres, en faire, en lire. Après, je trouve par exemple les initiatives comme Grand Papier (www.grandpapier.org) très intéressantes : un communauté d'auteurs qui publient dans un espace collectif, gratuitement. Concernant le débat actuel sur le livre numérique, en particulier dans la bande dessinée, ça me fait penser à il y a une dizaine d'années quand internet était dans toutes les bouches, juste avant que le soufflé ne se dégonfle. Il y a toujours au sein de l'industrie des choses dans l'air du temps, des micro-mode sur tel ou tel genre. En bande dessinée, il y a eu le néo polar, l'adaptation littéraire, aujourd'hui le retour de l'érotisme, par exemple. Pour se croire intéressant, il faut en être. Pourquoi pas, ce sont des questions qui touchent au fond, à l'éditorial. Que toute l'industrie du livre fasse un grand ramdam pour une histoire de support me semble extraordinairement vide de sens, sauf à montrer à quel point le manque d'imagination pousse les gestionnaires de la culture à se sentir investis d'une "bonne idée", d'une peur panique de rater le coche.
Le modèle économique du livre numérique est une idée de vendeur de composants informatiques. Nul doute que les très gros succès commerciaux s'accommoderont très bien de ça. Nul doute aussi que des auteurs sauront rapidement s'en emparer pour proposer des travaux non seulement spécifiques au support, mais aussi sauront s'affranchir des éditeurs grâce à ça, ce qui n'est pas rien, ce qui angoisse déjà les gros éditeurs qui tentent de tout cadenasser au plus vite.
Mais pour ma part, ça ne m'intéresse pas du tout, pas encore. Mon support de travail est le papier et tant qu'il ne sera pas devenu une denrée rare et hors de prix, il le restera.
9) Quelle serait la question, que tu aimerais que je te pose (que l'on a peut être jamais posé?), et qu'y répondrais tu ?
Pourquoi fais-tu des livres ?
Parce qu'on peut, à l'intérieur, y raconter le monde. Comme dans d'autres formes d'art. Mais peut-être que seule celle-ci est à ma portée. Et j'aime l'ancienneté de ce support, le rapport au temps qu'il induit. Lire, c'est maîtriser le temps de ce que l'on apprend, c'est aussi refuser les stimuli d'une fausse maturité dont le monde est emplit et dont je suis depuis longtemps saturé. Même si c'est illusoire, j'aimerai que dans chaque livre auquel je participe, on puisse y suivre le lapin, à la recherche d'Alice.
10) Pour finir qui aimerais tu voir interviewé dans ce webzine? Et ton mot de la fin ?
Et bien, comme on en parlait un peu plus haut, j'y verrais bien Pierre Maurel et Émilie Plateau.
Pour le mot de la fin, on a encore 5 milliards d'années devant nous, on a donc le temps de voir venir...
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