Dephine (A la Barak)
interview réalisée parmails finalisée le 22/06/2011
Fonction : Je m'occupe de l'asso A La Barak qui est un atelier de photographie & un espace d'exposition avec Marie Bas, mon ac'copine (acolyte de travail et copine)
Site(s) : www.alabarak.com
Nom ou pseudo : Delphine, DelDel, Delfoune, Delf, Fine, Dorette
Signification et/ou origine du pseudo : le dernier, c'est mon 3ème prénom
Date de naissance : le 5 mai 81
Localisation : Ecusson, Montpellier, France
Signes particuliers : rien de particulier
Matos utilisé : plein: toute sorte d'appareils photo, des jeunes et des vieux, y compris des boites à chaussures et celui qui est dans mon téléphone
Présentation personnelle : Bonjour, je suis Delphine Cayrac
A la façon du portrait chinois … Si j'étais ... je serais …
Une question pertinente : Pourquoi ?
Une chose insupportable : Une démangeaison
Une œuvre : Celle de Gainsbourg sans hésiter
Un film : Le grand film de la vie (ah ah)
Un morceau de musique : Canteloupe Island de Herbie Hancok
Une surprise : Coucou !
Un personnage de fiction : Oui-Oui
Un mythe : Ouil'histoire de la caverne de Platon
Un proverbe : Tant va la cruche
Une phobie : Une phobie très con, genre Coulrophobie (la peur des clowns)
Un vice : Fumer, fumer, fumer
Un objet inutile : la petite fleur en pâte à modeler qui trône à l'atelier depuis des années
Une idée récurrente : Faire des choses avec peu de choses
Une arme : Une crotte de nez (car c'est à la fois inoffensif et redoutable)
Un cauchemar :.Quelqu'un t'embête, tu tapes, tu tapes autant que tu peux et tu déploies autant de force qu'un escargot neurasthénique, résultat: tu te réveilles épuisée et frustrée
Un moyen de transport : Mes pieds ou dans un futur proche, la téléportation
Un bruit corporel : prout, biensûr
Un prix Nobel de la paix : Mère Teresa a l'air bien sympa
Un film porno : "Faster pussycat, kill ! kill ! " de Russ Meyer, mais c'est pas vraiment un film porno... c'est plutôt un film de nichons
Un tyran : Néron
Un repas de famille : Celui de tous les jours
Une habitude : Siroter sur une terrasse
Une polémique ridicule : Je ne suis pas trop l'actu, mais récemment il y a eu des mots dans un vestiaire de foot (et comme j'aime bien les gros mots...)
Un investissement : Une collection d'œuvres d'art
Une œuvre caritative : Dieu
Un mensonge : aller, ça va bien se passer
Un souvenir : Olivier Dutilly, photographe, rocker et homme volant
Un site Internet : www.leskrims.com
Les questions personnalisées :
1) Pourquoi avoir créé A La Barak ?
Nous avons d'abord eu l'idée du principe de libre service: scanner soi-même ses négas ou disposer d'un petit studio à un prix abordable, ça n'existait pas à Montpellier. Bien sûr il y a les clubs photo, les Maisons pour tous, les studio pros à louer mais pas de solution intermédiaire et complète entre le total néophyte et le professionnel. On trouvait sympa l'idée de pouvoir tester ou disposer de matériel sans investir une fortune.
Ensuite, on s'est demandé pourquoi se limiter au libre service et nous avons pensé aux cours: de plus en plus de gens ont des reflex numériques, par exemple et sont à la merci du mode automatique. Fraîchement sorties de l'école de photo et bien calées en connaissances techniques, on s'est dit que finalement il ne fallait pas grand chose pour pouvoir s'amuser avec un appareil photo, quel qu'il soit. Faire des effets de vitesse ou de profondeur de champ, jouer avec la mesure de lumière c'est à la portée de tout le monde, il y a juste quelques petits trucs à savoir.
Et puis on voulait dépasser les mauvaises rivalités techniques qui existent dans ce milieu, penser un peu différemment de ceux qui se masturbent avec leur matériel mais qui finalement n'ont rien compris au principe de base. Après tout s'est enchainé: pourquoi ne pas étendre le concept au labo noir et blanc, à la retouche, présenter des expos etc.
L'idée globale, c'est le partage : de connaissances, de matériel, d'idées, d'images.
Ce qui est rigolo, c'est que tout est parti sur un coin de table un soir de beuverie: on voulait rester à Montpellier, on ne trouvait pas de boulot alors on en a fabriquer un.
2) Et ça marche ?
Oui, mais des fois non !
Disons qu'on y a toujours cru ce qui fait que finalement, dans les moments de creux, on a su rebondir.
Le côté pile c'est qu'on a de très bons retours du public, de nos élèves, du milieu professionnel. C'est agréable de parfois soulever l'enthousiasme des gens. On a de plus en plus de visiteurs, d'adhérents, et donc de travail ! Côté obscur, évidemment, on a vécu des gros moments de solitude en fin de mois... L'angoisse du zéro, la clé sous la porte... Tu transpires, tu t'imagines le scénario catastrophe... Mais ça ne dure jamais bien longtemps. On aime ce qu'on fait, on s'épaule, on trouve des solutions donc pour le moment ça fonctionne, oui. On touche beaucoup de bois
3) Vous faites tous de la photo ? Y a des choses en ligne qu'on pourrait voir ?
Oui on en fait, biensur ! Et non il n'y a rien en ligne, rien de rien ! Je travaillote des thèmes que j'aime bien et Marie et Ivan aussi; on cultive la création c'est essentiel. Mais montrer ce qu'on bricole, ça n'a pas vraiment été notre priorité jusqu'à présent.
4) Et si je suis curieuse... Tu me montres des images ?
Voilà une petite série sur Daniel, que tu connais. Rien de très abouti, ce qui m'amuse c'est le décalage / la tension entre l'image de soi que l'on donne à voir et la nudité.
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5) Montpellier et la région de l'hérault regorge de centaines de créateurs d'images, de photographes, as-tu tes favoris, des personnes qui t'inspirent beaucoup de respect? Des artistes dont tu aimes les travaux, l'état d'esprit?
Pleins : Les photographes que nous avons accompagnés et exposés A La Barak: Nicolas Lefevre , Frank Puyau, Yann Castanier et son collectif Chut! Libres, Guillaume Martial, Paul Iché, Ivan Terrisse et Ivan Constantin. Tu en connais déjà bon nombre (si c'est pas tous:)), et c'est un plaisir de les voir cheminer dans le paysage photographique. Pour certains on est intervenues depuis le tout début du projet.
J'aime beaucoup aussi Caroline Boyer, Elise Ortiou Campion, Sylvain Cabannes , et puis un certain gabriel michel et un certain Regis et un certain Cahuate Milk que j'ai tout récemment découverts grâce à toi.
Voilà pour les créateurs d'images. J'admire aussi la culture photographique sans fond de Jacques Fournier, qui était mon prof et de Vincent Leprevost qui avait l'atelier Noir de Vigne aux Beaux arts, il y a quelques années.
6) Qu'est ce qui est important à tes yeux dans le fait de créer?
D'abord le plaisir de le faire, de voir naître quelque chose, la fabrication.
Et puis sous un autre aspect, avoir quelque chose à dire ! Une drôle d'idée, un esprit, une histoire, un goût. J'aime les travaux avec lesquels je me sens libre de créer un lien, une complicité.
Ensuite le partage et la curiosité. L'envie de vouloir apprendre de nouvelles choses aux autres, et des autres; le rebond. Ce qui n'est pas vraiment évident en photographie: c'est une pratique égocentrée, avec laquelle on est très seul finalement: tu appuies sur le bouton, tu es le photographe. Mais à mon avis c'est faux, il faut l'accepter et le mettre en valeur, faire fructifier tout ça. Et c'est la base de mon travail à La Barak: apprendre, enseigner, décloisonner, tester. Ce que j'adore le plus c'est la polyvalence, la multitudes de petites choses qu'on fait. Ça va de bricoler un cadre à penser à de nouveaux éclairages de studio, en passant par réparer l'agrandisseur ou sélectionner des images pour une expo; tout ce qui nourrit et sert la création justement.
7) Puisque nous parlons de Montpellier, il y a le festival photographique Les Boutographies avec le festival OFF Supernova, l'équipe d'A La Barak sera présente sur ces deux festivals ?
Oui ! Au programme:
Dans le cadre du festival Supernova :
Une exposition de photographies d'Ivan Terrisse "Cheap or Chic" réalisé au Holga. Une série d'instantanés réalisée au Holga dans les rues de Cannes pendant le festival de cinéma.
Une Conférence de Jean-Michel Verdan "Les pratiques pauvres en photographie ", entrée libre; suivie d'une vidéo projection de panoramiques réalisés au Lomo par J.Y. Douane.
Dans le cadre du Festival des Boutographies:
Le Marché de photographies, qui a cheminé entre la Salle Pétrarque et la cour de La Barak. Une quinzaine de photographes sélectionnés par La Barak et les Boutos ont pu vendre leurs photographies aux passants... un petit marché d'art éphémère. C'était un très bon 1er essai, tous les photographes ne se connaissaient pas et il y a eu une super ambiance à tous les niveaux. (dommage que tu n'ai pas participé :))
8) Y a t-il d'autres festivals que tu apprécies? Qu'est ce que tu aimes voir, découvrir? Quels genres de manifestations ?
Il y a "les dimanches en salades" au printemps et en été à Villeneuve les Maguelone, le Festival de Thau, les concerts du Théâtre de la mer. Je ne cite pas les gros festivals photo que tout le monde connait.
9) Allez l'avant dernière question, c'est free, tu peux nous dire ce dont tu as envie, un coup coeur, un coup de pub, un poéme ... tu es libre, a toi!
Bon ben d'abord j'aimerais dire au public ici présent ce soir que La Barak est un endroit su-per-bien qui gagne à être connu pour tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à la photographie, et qu'on aimerait vraiment que ça dure, que ça évolue, que ça envoie plus de bois. C'est dans notre intérêt à tous, TOUS. Du coup, on voudrait bien collaborer avec : plus de photographes talentueux & funky, un producteur de vin qui arrose nos vernissages, une perle qui nous aide à mieux gérer notre com; faire des ponts avec d'autres savoir-faire autour de l'image etc Pleins de choses sont possibles, mais on manque de moyens humains ! ...
deuzio j'ai mis quelque temps à répondre à cette interview. Et ça m'a fait pas mal gamberger, en fait. On devrait continuer ;)
10) Pour finir qui aimerais tu voir interviewé dans ce webzine? Et ton mot de la fin ?
Sacha Goldberger? et le mot de la fin: Que ça continue, bordel !