Benjamin Basso
interview finalisée le 04/11/2011
Fonction : illustrateur
Site(s) : www.benbasso.com
Nom ou pseudo : Ben BASSO
Signification et/ou origine du pseudo :
Date de naissance : 29/11/1979
Localisation : Bordeaux
Signes particuliers : Gaucher
Matos utilisé : Feutres à pigments Pitt ou Micron Pigma. tablette Bamboo A6 et photoshop, Je peins parfois avec du café pour les ambiances.
Présentation personnelle : Illustrateur de livres pour enfants et auteur de bande dessinée. Je fais partie du studio MAKMA grâce à qui j’ai appris les différents métiers de la BD. J’ai longtemps fait de la musique au sein de plusieurs groupes (métal et fusion surtout). J’aime bien les choses bizarres et les vieux films. Je n’ai encore mangé personne. Ou alors je ne m’en souviens pas.
A la façon du portrait chinois … Si j'étais ... je serais …
Une question pertinente : « Et avant tout ça ? »
Une chose insupportable : Les expressions à la mode.
Une œuvre : Calvin & Hobbes de Bill Watterson.
Un film : Freaks, de Todd Browning.
Un morceau de musique : « Ma meeshka mow skowz » de Mr. Bungle.
Une surprise : Un bon film .
Un personnage de fiction : Alphonse Tabouret
Un mythe : Chtulu
Un proverbe : « Qui ne finit pas sa phrase, ne. »
Une phobie : Les gens
Un vice : La gourmandise.
Un objet inutile : Un vélo d’appartement.
Une idée récurrente : Reprendre à zéro .
Une arme : Un feutre.
Un cauchemar : Un concert de Michel Sardou.
Un moyen de transport : Des pieds.
Un bruit corporel : Un claquement de dent.
Un prix Nobel de la paix : Huhu.
Un film porno : Qui veut la bite de Roger Rapeau ?
Un tyran : L’argent.
Un repas de famille :
Une habitude : Prendre la guitare dés que je lève la tête de ma planche.
Une polémique ridicule : Le téléchargement illégal.
Un investissement : Personnel.
Une œuvre caritative :
Un mensonge : Le talent.
Un souvenir : Ce dessin de femme à poil qui avait tourné dans toute la classe au collège pour finir sur le bureau de la surveillante (et qui m’avait finalement félicité).
Un site Internet : www.superpouvoir.com
Les questions personnalisées :
1) Tu n'aurais pas gardé ce dessin de la dame nue par hasard ? :D
Hahaha, non, désolé. J'étais en quatrième, je crois. Ça fait un bail ! J'en dessinais souvent. Ça amusait les potes et impressionnait un peu les filles. Moi, le grand timide du fond de la classe, ça m'arrangeait un peu. Sauf que parfois, elles me demandaient un portrait de Johnny Depp. Je fais vachement moins de portraits, depuis.
2) Est ce que des artistes comme Mike Patton issus du milieu métal ont eu une influence visuellement parlant sur tes créations ?
Patton, mais aussi Trey Spruance, Trevor Dunn et tout les autres membres du groupe Mr. Bungle, en fait. Il y a des artistes qui te marquent à vie et changent ta manière de voir les choses. Ces claques que tu prends et dont la trace ne s’effacera jamais, il y en a peu dans une vie. Et ce groupe en fait partie. Essayer toutes sortes de choses, expérimenter et se faire plaisir, mais aussi tenter d’aller au bout des choses et ne pas avoir peur de se marginaliser. Savoir se mettre un peu en danger aussi et improviser pour se surprendre soi-même. Pendant la tournée pour l’album Disco Volante, la moitié de leur set était improvisé. J’aime assez cette attitude, surtout quand on est un groupe mondialement reconnu, que les gens n’attendent pas forcément ça de toi.
Concernant la musique en générale, elle a toujours eu une place assez importante. J’ai fait de la musique un peu moins de la moitié de ma vie, j’ai joué de la basse dans des groupes qui ont pas mal tourné, mais malgré tout ça, je ne crois pas que ça m’ait influencé dans mon dessin. En tous les cas, pas dans le métal. Je suis par contre assez sensible aux musiques de films, j’en mets souvent en fond quand je travaille. Particulièrement celles composées par Danny Elfman, Bernard Hermann et Ennio Morricone.
3) Si dans une médiathèque, tu devais trouver ta place, tu serais entouré de quels artistes? Et est ce que tu te revendiques de "courants" artistiques?
Oula. Ce serait une rangée à part, sans étiquette, un vrai bordel. Avec des tas de livres, de CD et de DVD dedans. Il y aurait des vieux bouquins illustrés par Bernie Wrightson et Edwar Gorey, des DVD de films de Burton, Lynch, Sergio Leone... Et l’intégrale de The Twilight Zone. Et plein de films de série B. Niveau CD, on y trouverait très certainement les artistes cités dans ma réponse précédente, et plein d’autres. Et des BD bien sûr. Plein. Toutes celles dessinées par ces auteurs qui m’ont énormément marqué : Guillaume Bianco, Olivier Vatine, Bill Watterson, Mike Mignola. Il y aurait sûrement pas mal de comics, un peu de manga et beaucoup de BD franco-belge, mais quand même. Bill Watterson et Olivier Vatine, j’étais plutôt jeune, mais je crois que leur influence est toujours aussi importante. Mignola, depuis Hellboy, je ne conçois plus le travail du clair/obscur de la même façon. Et Guillaume Bianco, c’est tout ce que j’ai toujours aimé, concentré en quelques traits. Tout ce que j’ai toujours voulu faire sans jamais oser. A chaque rencontre avec le travail de ces artistes, mon dessin à évolué. Il y en a eu plein d’autres, et il y en aura sûrement encore plein, mais ceux-ci sont indétrônables.
4) Est ce que tu pourrais nous parler de ces 3 images ?
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La première fait partie des recueils de sketches tirés de mes carnets. Ce sont des dessins rapides que je fais le soir en regardant un film ou une série pour me décontracter. Parfois, c’est plutôt le matin, pour m’échauffer, avant d’attaquer mes planches de BD. Ce sont le plus souvent des créatures bizarres. Je pars d’une patate informe, et j’improvise au feutre directement. J’essaie de m’imposer des thèmes toutes les semaines, histoire de tenter de se renouveler un peu, et pour épicer un peu le tout. Là par exemple, c’était d’intégrer des éléments humains chez les bébêtes. J’ai l’habitude de poster ça en fin de semaine, d’où leur petit nom, Sunday Pets. Elles sont toutes ici : benbassosketchblog.blogspot.com
La seconde image est aussi tirée de mes carnets. Cette semaine là, j’essayais de faire des bestioles mignonnes mais bizarres. Le plus bizarre est qu’il suffise de rajouter ou d’enlever un élément pour déstabiliser les gens.
Le troisième est le portrait assez libre d’une inconnue dont j’avais trouvé la photo sur deviantART, je crois. J’ai volontairement travaillé la lumière de telle sorte qu’on ait l’impression qu’elle sort d’un film de zombies. Le dessin a servi à illustrer le morceau « Alice » du EP de mon groupe de l’époque, Dr JEKYL.
5) Qu'est ce qui à tes yeux est le plus réussi (et le moins bien réussi) dans tes créations? Y a t-il des illustrations dont tu es fier?
C’est super rare que je sois content de mon travail. Pendant la conception pourtant, je suis convaincu de faire quelque chose de génial. Je suis hyper enthousiaste, je peux bosser des heures entières d’affilées sans lever la tête de ma feuille. Puis, lorsque j’ai fini, l’enthousiasme disparait au fur et à mesure, telle la neige au soleil au point qu’au final, j’hésite carrément à l’envoyer à l’éditeur ou à le montrer à qui que ce soit.
Mais pour répondre à ta question, ce dont je suis le plus fier, c’est de pouvoir prendre autant de plaisir à dessiner. Un temps, c’était presque devenu un boulot. Dessiner dans mes carnets le soir sans m’imposer d’autres contraintes que de produire un peu chaque jour a été une véritable libération. Pour le coup, j’ai pu explorer pas mal de directions graphiques et ça m’en a ouvert plein. L’inconvénient, c’est que même si je commence à me construire un petit univers graphique bien à moi, on sent que je me cherche encore beaucoup et qu’il me reste beaucoup de route à faire.
6) Pour toi une image réussie doit "avoir" quoi? Qui sont les créateurs qui te scotchent? Et pourquoi ?
Une illustration, si elle est au service d’une histoire, se doit d’être accessible, lisible et comprise rapidement par le lecteur. Mais l’artiste doit s’éclater à la faire aussi. Quand les deux semblent présents, que la compo de l’image est à la fois pertinente et surprenante, que malgré toutes les contraintes liées de lecture, l’artiste arrive tout de même à faire quelque chose de frais et vivant, je ne peux m’empêcher de lâcher un wow admiratif.
On pourrait croire que c’est super rare, et pourtant, il n’y a pas une journée sans que je prenne une claque en découvrant le travail de quelqu’un sur internet. Citer des artistes, ça va encore être long. Mais disons que si le Frankenstein illustré par Wrightson, qui représente un boulot titanesque, impressionne forcément, une bd d’Aude Picault m’impressionne tout autant, par sa simplicité et son efficacité. Réussir à être aussi expressif, aussi vivant, et à dessiner des filles aussi sexy, tout ça en à peine quelques traits, ça me rend dingue.
7) Tu as des projets en cours, à venir ?
J’ai participé à un collectif BD sur le groupe Indochine qui devrait sortir à la fin de cette année chez Fetjaine (je sais, on est loin de Mike Patton). Un sketchbook chez ComixBuro est prévu aussi, mais ce n’est pas pour tout de suite.
Je travaille actuellement sur une BD réservée à un réseau professionnel. Une sorte de guide pour les inventeurs et l’INPI (enregistrement de brevets, etc.). J’ai des projets pour après, mais faut déjà finir cette commande.
8) Un collectif BD sur Indochine ? Comment cela se fesse ?
Haha ! C’est une longue histoire. Les éditions Petit à Petit avaient une collection « Légendes du Rock » dans laquelle ont participé de nombreux auteurs, dont une amie, Marion Duclos (http://marion-duclos.blogspot.com/). J’avais très envie d’y participer aussi.
Depuis, c’est l’éditeur Fetjaine qui a pris le relais. Et cet été, j’ai été contacté par Gaet’s (http://gaets.jimdo.com/), le scénariste qui s’occupe de l’ensemble des projets de cette collection. Il m’a proposé de dessiner une histoire du prochain. Je ne savais pas à ce moment-là que ce serait sur le groupe Indochine. Bon, manque de bol, c’est tombé sur ce groupe. Mais le scénario était vraiment cool, parlant des débuts du groupe, de leur période films d’horreur et de leur goût pour l’Asie, avec potentiellement des images assez intéressantes à faire. Au final, ça n’a pas été si simple, mais je suis content de l’avoir fait.
9) Avant de finir, je te donne carte blanche, tu peux me causer de tout ce dont tu as envie, un coups de coeur, un coup de gueule, une envie soudaine ... C'est à toi !
J’ai débuté dans le métier grâce au studio MAKMA (www.makma.com) comme lettreur sur des comics américains. Le rêve, même si j’en ai bavé. J’ai depuis fait toutes sortes de boulots, j’ai appris toutes les facettes du métier en encrant ou colorisant les dessins des autres, puis en dessinant moi-même, pour des entreprises ou des éditeurs. C’est une très bonne école. J’y suis encore, et je continue d’apprendre. J’ai encore pas mal de progrès à faire, la route est longue, mais être bien entouré ça aide. Et c’est tout ce que je souhaite à ceux qui débutent, comme aux autres.
10) Pour finir qui aimerais tu voir interviewé dans ce webzine? Et ton mot de la fin ?
Mmh, Guillaume Bianco, Olivier Vatine ou Edmond Tourriol. Ou les trois.
Merci à toi pour l’interview. Ça a été très intéressant. J’ai un peu l’impression d’être sorti d’une consultation. Je te dois combien ?